Isabelle Arvers est une artiste et commissaire d’exposition française qui explore depuis plus de 20 ans les domaines de l’art numérique et du jeu vidéo, sur des approches formelles mais aussi éthiques et critiques. Son travail explore les détournements de jeux vidéo et se matérialise principalement dans des films conçus à partir de jeux vidéo appelés machinimas. En tant que commissaire, elle se concentre sur le jeu vidéo comme médium et comme moyen d’expression pour les artistes, avec entre autres les expositions Mind Control (Banana RAM Ancona, Italie, 2004), Node Runner (Paris, 2004), Playing Real (Gamerz, 2007) , Game Heroes (Alcazar, Marseille, 2011), Evolution of Gaming (Vancouver, 2014), UCLA Gamelab Festival (Hammer Museum, LA 2015, 2017), Machinima in Mash Up (Vancouver Art Gallery, 2016). En 2019, elle entreprend un tour du monde art et jeu vidéo dans le sud global pour promouvoir la diversité de genres, de sexualité et d’origine géographique et se focalise sur les pratiques queer, féministes et décoloniales. Ses articles sur le tour du monde art et jeu vidéo peuvent être lus en ligne sur Usbek & Rica, Poptronics, Immersion.

Isabelle Arvers in Ras Abu Galum, Sinaï, Egypt, 2018

Isabelle Arvers in Ras Abu Galum, Sinaï, Egypt, 2018

BIOGRAPHIE

Diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques et d’un DESS en Gestion de projets culturels, Isabelle Arvers s’est spécialisée dans les nouveaux médias dès 1993. Pionnière dans le domaine du game art en France, elle a été Commissaire de l’exposition Playtime-la salle de jeux de Villette Numérique (2002), ainsi que de la galerie de net.art sur les « jeux sonores ». Ses projets d’expositions et d’événements ont ensuite présenté le jeu vidéo comme un nouveau langage et comme un moyen d’expression pour les artistes : Organisation d’un concert de gameboy music au Project 101, Paris, 2004. Commissaire de Mind Control, une exposition de net.art du festival Banana RAM, Ancona, Italie 2004. Coordinatrice du jeu Node Runners à Paris pour la Région Ile de France, 2004. Commissaire de l’exposition Reactivate dans le cadre du festival Gametime, Melbourne, Australie 2004/2005. Commissaire de l’exposition No Fun ! Games and the gaming experience pour le festival Piksel à Bergen en Norvège, 2005. Jouer au Réel, 2007, Gamerz 2009-2014, Salon Numérique à la Maison Populaire, Montreuil, et Game Heroes à l’Alcazar, Marseille, 2011.

A partir de 2005, elle s’intéresse aux machinimas (films conçus à l’intérieur de mondes virtuels à l’aide de moteurs 3D temps réel ou de jeux vidéo) et organise des projections au Centre Pompidou, dans des festivals en France et à l’étranger (Tchéquie, Brésil, Canada) et depuis 2009, elle organise des ateliers d’initiation ou de réalisation de machinimas, visant à démocratiser une pratique qui transforme un objet de consommation de masse en outil de production de sens. Ces ateliers sont d’abord destinés aux jeunes de banlieues puis ouverts aux publics jeunes et aux étudiants en art (La Sorbonne, Beaux Arts de Paris, Metz, Mulhouse, Lyon, Mons en Belgique, UCLA Gamelab Los Angeles, CDM, Vancouver, Fine Art Faculty Cairo, Alexandrie)

En partenariat avec le Festival Gamerz à Aix-en-Provence, elle conçoit les premières expositions de machinimas en galerie d’art et poursuit son travail de commissariat avec des expositions de jeux indépendants, game art et retrogaming en France avec Jeux rêve, Jeux Politiques ou Games Reflexions et à l’étranger avec Evolution of Gaming, au Center for Digital Media à Vancouver en 2014. Elle conçoit une exposition de Machinimas pour la Vancouver Art Gallery en 2015 et est co-commissaire du UCLA Game Lab Festival à Los Angeles.

De 2013 à 2016, elle est commissaire des six expositions antiatlas des frontières, un projet art et recherche sur les mutations des frontières au XXIè siècle et sur les systèmes de contrôle aux frontières. Elle est aussi commissaire de l’exposition la fin des cartes, un projet art et recherche monté en collaboration avec la Sorbonne.

Elle a écrit pour les revues Arcadi, Amusement, MCD, Digitalarti, Etapes Graphiques et publié des textes critiques sur le travail de game artistes comme Matteo Bittanti ou Axel Stockburger. Enfin, elle a publié un article sur les machinimas aux Presses du MIT en 2010 : « Cheats or glitch, voice as a game modification in Machinima », dans VOICE Vocal Aesthetics in Digital Arts and Media, Edité by Norie Neumark, Ross Gibson and Theo Van Leeuwen et a été interviewée dans « Understanding Machinima, Essays on Filmmaking in Virtual World» publié par Jenna NG aux éditions Bloomsbury en 2013.