Les élèves des classes de Terminale SAPAT et de 3ème de l’enseignement agricole du Lycée agricole du Pays-de-Bray ont participé à un atelier de réalisation de films à partir de jeux vidéos avec l’artiste Isabelle Arvers. Neuf courts métrages ont été réalisés à partir d’extraits de jeux vidéos du monde entier. Un projet organisé par Normandie Images et réalisé avec le soutien de la Région Sud
Le premier atelier avec les lycéens
Les élèves ont joué à des jeux vidéo, se sont imprégnés de leurs univers, ont fait des recherches sur ces jeux, ont découvert des moteurs de jeux. Ils ont repéré des personnages, des décors. Ils ont appris le vocabulaire cinématographique, les échelles de plan, les mouvements de caméra.
Puis ils ont écrit les scénarios, fait des scripts, du doublage, travaillé le jeu d’acteur, organisé des réunions de production et réalisé des films sur les handicaps à partir de captations de jeux vidéos.

Leurs films abordent les personnes malvoyantes, les troubles du spectre autistique, l’épilepsie, Alzheimer, la paralysie cérébrale… Pour chaque film, des jeux vidéo ont été choisis pour leur pertinence par rapport au sujet choisi.
Ils ont pu faire tout cela grâce à un beau travail d’équipe, de la coopération, de l’écoute.
Cet atelier propose une véritable ouverture culturelle aux jeunes car l’intervenante leur fait découvrir des jeux vidéos du monde entier auxquels ils n’ont pas accès : Brésil, Afrique du sud, Ghana, Espagne, Mexique, Taïwan. Des jeux de collaboration, des jeux animistes… qui prônent d’autres valeurs que le capitalisme. Elle a par ailleurs sélectionné en amont des jeux sur le handicap, la solidarité en rapport avec les thématiques du projet. Les élèves ont d’ailleurs pu jouer au jeu Karmzah du studio Leti Arts au Ghana, en toute exclusivité, avant même que ce jeu ne sorte, car l’héroïne Karmzah, atteinte d’une paralysie cérébrale, par le biais d’un artefact, détient des super pouvoirs. Un jeu qui les a beaucoup inspirés, pour aborder le handicap comme d’autres capacités.

Dans le premier groupe de lycéens, 2 jeunes filles avaient déjà joué à des jeux indépendants.
Isabelle Arvers travaille depuis 25 ans sur les jeux vidéos, depuis que des jeunes gamers lui ont dit qu’ils rêvaient en jeux vidéo. Elle propose des ateliers pour prendre de la distance avec les jeux, pour comprendre comment ils sont créés (développement, musique, narration, illustration…), pour créer.
Les jeunes ont appris à faire du détourage, du Chroma Key (incrustation) en petit groupe. 7 films sont nés de cette première séance d’atelier.
De par leurs stages, les élèves sont sensiblisés au handicap et ont bien su aborder ces sujets dans leurs films. Mais ils ont peu la possibilité de s’exprimer de façon artistique. Cet atelier est l’occasion d’être créatifs.
Le deuxième atelier avec les collégiens

Après avoir découvert et joué à différents jeux vidéo, les jeunes ont travaillé sur le scénario d’un film collectif. Pas facile au début de prendre la parole, de donner des idées. L’enseignant propose de travailler selon une méthodologie déjà vue en classe. Tout d’abord, il faut définir une situation initiale pour poser le discours, les jeunes veulent que leur histoire se déroule au lycée. Ensuite, il faut trouver un élément perturbateur, ils décident qu’il s’agit d’un problème de réacteur à la centrale nucléaire de Penly toute proche. Il faut ensuite déterminer des péripéties, des actions qui vont occuper une grande partie du film. Il faut introduire un élément de résolution où les protagonistes solutionnent l’élément perturbateur. Et l’histoire se termine par une situation finale.
Les idées fusent de plus en plus, une intrigue se dessine, ainsi que la volonté de mettre les élèves et le lycée agricole au sein de l’histoire. Comme leur dit leur enseignant “C’est pas pour rien qu’on vous a appris tout ça!”.
Cette étape délicate franchie, les jeunes vont travailler en petit groupe sur une ou plusieurs scènes à partir de différents jeux vidéo choisis en fonction du scénario, ils vont choisir les décors, les personnages…
Sur la thématique de la solidarité, les élèves ont imaginé une histoire proche d’eux, qui a permis de créer une belle cohésion de groupe. Chacun a en effet trouvé sa place et a pu déployer de nouvelles compétences : jeu d’acteur, montage vidéo et audio, écriture de scénario et de dialogues. Leur film, “Dieppe en panique” n’a en effet pu être réalisé que grâce à leur soutien mutuel et leur coopération.
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